Dépoussiérer le dessert traditionnel en mono-produit : le pari réussi de Crumbles, accompagné par Service Compris !
- 31 mars
- 6 min de lecture
Arnaud est un ancien ingénieur biomédical qui a décidé de bousculer la scène sucrée parisienne. Après avoir mûri son idée pendant près de dix ans, il a déconstruit ses doutes pour lancer Crumbles, une boutique mono-produit et un coffee shop. Son ambition ? Réinventer le célèbre dessert avec une offre personnalisable, élégante et gourmande, tout en privilégiant le 100% fait maison et les fruits locaux. On te laisse découvrir le parcours de cet entrepreneur solitaire mais bien entouré.
Peux-tu te présenter et nous raconter comment est née l'idée de Crumbles ?

Arnaud : Je m'appelle Arnaud, je suis le fondateur de Crumbles. Anciennement ingénieur biomédical, je me suis lancé dans la restauration en septembre de l'année dernière. C'est une idée que j'ai depuis longtemps, ça fait au moins 10 ans que je réfléchis à des idées d'entreprise autour de la restauration. À un moment, toutes les planètes se sont alignées : j'avais les fonds pour me lancer, j'ai obtenu une rupture conventionnelle, j'avais du temps devant moi et ma compagne m'a poussé à le faire. Donc, let's go !
Pourquoi avoir choisi de créer une marque mono-produit autour du crumble ?
Arnaud : En termes d'effectif, c'est simple : il y a moi, moi et que moi ! Le choix du mono-produit était justement un avantage pour pouvoir tout lancer tout seul. C'est beaucoup de travail car je fais toutes mes préparations le matin mais au moment du service, c'est fluide. Le week-end, qui représente mes plus gros jours de rush, j'ai des amis qui viennent m'aider.
Pourquoi as-tu décidé de rejoindre le programme Accélération de Service Compris ? Qu'attendais-tu précisément de cet accompagnement ?
Arnaud : Je l'ai rejoint par manque de confiance en ma propre crédibilité pour créer un projet dans la restauration. Comme je n'y avais jamais travaillé, j'avais besoin de réponses sur la structuration, les chiffres et le business plan. J'attendais d'avoir un mentorat avec des gens capables de m'aider à prendre des décisions et de valider mes choix pour éviter de me tirer une balle dans le pied.
Quel a été l'apport concret de tes mentors, Sophie Cornibert et Rebecca Asthalter (Fulgurances L'Adresse) ? Quel a été le moment ou le conseil le plus marquant de vos échanges ?
"Le moment le plus marquant, c'est quand je m'étais positionné sur un local avec un loyer à 3 000 €." - Arnaud, fondateur de CRUMBLES

Arnaud : Elles m'ont dit direct : "Tu vends des crumbles à 7 €, les premiers mois ta trésorerie va être tendue, tu vas te tirer une balle dans le pied avec un tel loyer". Je les ai écoutées, et vu tous les imprévus que j'ai eus ensuite, c'était vraiment le meilleur conseil.
Sur quel(s) aspect(s) du projet t'ont-elles le plus aidé à te structurer ?
Arnaud : Elles m'ont énormément aidé sur le modèle économique en me sauvant de ce fameux loyer trop cher, mais aussi en validant mes prix. Elles m'ont également beaucoup aiguillé sur le branding, la communication et la vaisselle. Par exemple, ce sont elles qui m'ont suggéré les vraies cuillères en bois pour la dégustation sur place, ce qui donne un cachet que les clients adorent. Elles ont même prêté leur propre cuisine pour que je puisse filmer mes vidéos de préparation.
Est-ce que l'échange avec les autres alumni et entrepreneurs de la communauté Service Compris t'a aidé dans cette phase cruciale de lancement ?
Arnaud : Oui, carrément ! J'ai fait une immersion chez Les Petites Pépites, d'anciennes alumni du programme, et ça m'a beaucoup aidé. Elles m'ont notamment fait réaliser des choses toutes bêtes sur la logistique, comme le stockage des packagings. Quand j'ai vu la place que prenait une commande de 3 000 boîtes chez elles, j'ai compris que je devais mettre des étagères un peu partout chez moi pour pouvoir stocker mon propre matériel.
Tu définis Crumbles en 3 mots : Personnalisable, Élégant, Gourmand. Comment cela se traduit-il concrètement dans ton offre pour rendre ce dessert traditionnel plus "moderne" ?
"Mon but, c'est que ça ne ressemble pas à un crumble classique. Je veux toujours que ce soit joli, élégant et instagrammable." — Arnaud, fondateur de CRUMBLES
Arnaud : Déjà, le but c'est que mon produit ne ressemble pas à un crumble classique. Pour le côté "élégant", je veux que ce soit joli et instagrammable, ce qui m'a d'ailleurs pas mal aidé à faire venir des influenceurs naturellement. Pour le côté "personnalisable", les gens composent ce qu'ils veulent, même si ça devient mon pire cauchemar quand je tombe sur des clients indécis qui me demandent mon préféré ! Et pour le côté "gourmand", tout est fait maison par moi-même en cuisine, ce qui me permet d'assurer une vraie régularité pour ne jamais décevoir les clients.
L'offre ne s'arrête pas au crumble, tu as aussi une belle carte boisson ?
Arnaud : Exactement ! À la base, la marque anglaise qui m'a inspiré ne proposait pas de boissons, et je me suis dit que c'était dommage. J'ai donc ajouté une vraie partie Coffee Shop. J'ai appris à faire du café et j'ai sourcé de bons produits : un jus de pomme bio de Normandie, un jus de carotte, des limonades maison et une ginger beer pas trop sucrées, ainsi que de bons fournisseurs pour le café et le matcha. Le but, c'est que les gens passent un bon moment global.
Le fait de proposer des produits français et de saison est au cœur de ton identité. Pourquoi cette démarche était-elle non négociable pour toi ?
Arnaud : Parce que c'est tout simplement comme ça que je consomme à titre personnel. Ça m'a toujours déprimé de voir ce que les gens pouvaient manger parfois, donc je me suis dit qu'il fallait les sensibiliser. Par exemple, pour la Saint-Valentin, on m'a demandé des fruits rouges, mais ce n'est pas la saison ! Aujourd'hui, 98 % de mes ingrédients sont français, comme le lait, le beurre, la farine et les fruits.
Peux-tu nous expliquer comment fonctionne l'expérience client ?
Arnaud : Le client choisit ses fruits de saison chauds, puis sa pâte à crumble froide, et enfin ses nappages. On a différentes options qui évoluent, par exemple pour le citron meringué où on utilise de la meringue italienne maison, ou d'autres nappages comme la crème anglaise chaude, la crème chantilly, ou le caramel.
Quel était l'objectif derrière la création de ce lieu que tu décris comme un coffee shop moderne et cosy ?
Arnaud : Je voulais que les gens s'y sentent bien, que l'endroit soit chaleureux avec de belles couleurs. Le but c'est que ça attire l'œil depuis l'extérieur, avec notre identité visuelle orange. C'est minuscule, mais j'essaie d'optimiser au maximum l'accueil, la bonne humeur et l'expérience visuelle pour que tout le monde passe un bon moment.
Quel a été le moment le plus difficile depuis le début de l'aventure ?
Arnaud : La fin de l'effet "nouveauté" dans le quartier. Après l'effervescence de l'ouverture, tu as des jours très creux. Je me souviens du 11 novembre dernier : un mardi férié où il n'y avait absolument personne dans les rues. J'ai envoyé des messages à ma copine toute la journée en disant que je ne comprenais pas, j'ai dû tout vendre sur une seule petite heure !
Il y a aussi les aléas qui testent les nerfs : un four qui lâche, un frigo qui fuit de partout le matin à l'ouverture, ou une fuite d'eau à 2 000 € non prise en charge. Il faut apprendre à gérer ses émotions.
Et le meilleur moment ?
Arnaud : C'est l'engouement organique des clients et des influenceurs. Le produit est beau et plaît visuellement, ce qui fait que des créateurs de contenu viennent filmer la boutique d'eux-mêmes, sans que je n'aie jamais eu à payer pour de la com'. Et bien sûr, les gros rushs du week-end : tu es tellement à fond dedans que tu ne ressens même plus la fatigue.
Comment vois-tu l'avenir de Crumble ?
Arnaud : J'aimerais ouvrir un deuxième point de vente, peut-être fin 2026 ou 2027 si ça se stabilise bien d'ici là et que j'arrive à structurer mon recrutement. Je me dis pourquoi pas me lancer dans le crumble salé, par exemple. Si je fais d'autres boutiques, on restera sur le même code couleur orange pour que ce soit reconnaissable tout de suite.
Si tu avais un conseil à donner aux futurs entrepreneurs dans la restauration ?
Arnaud : Il faut se faire accompagner. Il faut être capable de reconnaître ses points faibles. En se faisant mentorer, on évite d'investir ses économies pour rien à cause d'erreurs évitables. Le regard extérieur aide vraiment à prendre de bonnes décisions et à se sentir légitime dans son projet.
Crumbles,
📍3 Rue Pierre Fontaine, 75009 Paris 🕦 Du mardi au dimance de 10h à 19h
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