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Alexis et Bastien, co-fondateurs de Delhi Bazaar à Paris

Oubliez tout ce que vous savez sur la cuisine indienne, Delhi Bazaar remet les compteurs à zéro ! Delhi Bazaar, c’est la nouvelle adresse indienne parisienne fondée par Bastien et Alexis, alumni de la saison 7 de notre programme Accélération Paris.


Dépoussierer l’image de la cuisine indienne en proposant une ambiance et des spécialités jamais vues dans la capitale, ils l’ont fait et avec succès.


Retour sur leur parcours entrepreneurial inspirant ⤵️

"On voulait être bien entourés, car on parle de gros investissements, de temps qui sont très longs, et la moindre erreur, peut coûter assez cher" - Alexis, co-fondateur de Delhi Bazaar

Hello Bastien et Alexis, est-ce que vous pouvez nous parler un peu de vous, de votre parcours jusqu’à votre reconversion ?


Delhi Bazaar, la nouvelle table qui réinvente la cuisine indienne dans le 11e
Alexis et Bastien - Co-fondateurs de Delhi Bazaar (Paris 11e)

Bastien : Je suis Bastien, j'ai fait une école de commerce. Après mon école, je suis allé faire des applications mobiles. Rien à voir avec la restauration. J’ai toujours su que je voulais monter une boîte, mais je ne savais pas forcément quoi. Et le déclic a un peu été après le COVID en voyant les restos réouvrir, je cherchais une idée de boîte à ce moment-là, et j'ai réalisé que ce que je voulais faire c’était d’ouvrir un resto.


Alexis : J'ai toujours été passionné de bouffe et de cuisine depuis tout petit. Même mes parents savaient que j'allais avoir un restaurant. Mais je n'étais pas vraiment sûr. J'ai fait une école de design. J'étais diplômé de branding, et création de marque. J'ai travaillé dans pas mal de trucs. Du retail, aménagement d'espaces par exemple et du digital, là où j'ai rencontré Bastien. En parlant avec Bastien, on a vu qu'on était tous les deux plus passionnés de restaurants et de cuisine que d'applications.


Donc cette idée de restaurant, elle est née entre vous, Alexis et Bastien, mais vous êtes trois associés non ?


Bastien : Quand on a commencé l'Accélération Service Compris, on était deux : Alexis et moi. Et pendant l’Accélération Service Compris, l’un des sujets a été celui-ci : on veut monter un resto indien mais on n’est pas indiens. Comme c’est une cuisine très complexe, avec énormément d'épices, il fallait quelqu'un qui puisse garantir l’authenticité de cette cuisine. Donc on a pris le parti de vouloir s’associer avec un chef.


Alexis : On voulait faire un endroit cool, sympa, où les gens passent du bon temps. Mais on trouve qu'à Paris, il y a vraiment pléthore de restaurants stylés où on mange très mal et nous la conviction première avec ce projet, c’était de s’associer avec un super chef, aux origines indiennes, qui sait manier les épices beaucoup mieux que nous.


"La moralité de tout ça c’est que c’est bien d’ouvrir un resto, mais je pense qu’il faut savoir déjà quelle est l’étape d’après." - Bastien, co-fondateur de Delhi Bazaar

Donc quand vous êtes-vous associés avec Eqbal ?


Bastien : Eqbal nous a rejoints au bout de six mois. En vrai, on l’a rencontré trois mois après le début. On a commencé à travailler ensemble et on s’est associé officiellement au bout de 6 mois.


Alexis : On a fait un an de testing dans son restaurant, qu’il a toujours dans le XVe arrondissement de Paris (Rasna). Ça a été super parce qu’on a pu utiliser sa salle et ses cuisines pour tester les recettes qu’on allait mettre à la carte ici, inviter des gens, voir comment ça prend. Ça nous a aussi permis de voir comment on travaillait avec Eqbal. On s’est bien marré donc bon !


Delhi Bazaar : les associés de ce nouevau restaurant indien du 11e
Bastien, Eqbal et Alexis, de gauche à droite

Comment s’est passée concrètement cette recherche d’associé ?


Bastien : On cherchait à s’associer avec un chef. On était très inspirés par Londres et on cherchait vraiment quelqu’un qui avait ce côté moderne de la cuisine indienne. Souvent ce genre de profil ce sont les personnes qui sont passées par Londres parce que c'est la tendance depuis plusieurs années. Des profils comme ça, il n’y en avait pas beaucoup. Eqbal c’est le seul avec lequel il y a eu une vraie rencontre, un vrai match.


Donc vous nous avez parlé de Londres, la cuisine indienne. Delhi Bazaar, c’est né comment en fait ?


Bastien : Alexis et moi, on a commencé sur les mêmes projets dans notre ancienne boîte. On est devenu potes, on faisait des déjeuners, et il y a eu le COVID. Donc on ne s’est quasiment plus vu pendant un an. Sortie de COVID, on avait tous les deux envie de bouger. Pendant un déjeuner, on se dit qu’on a tous les deux envie de monter un resto, et donc on se lance - premier déclic.


Deuxième déclic ?


Bastien : On se refait un dîner, où on se dit “Mais si on fait un truc, qu’est-ce qu’on fait ?”. Et là on a commencé à chercher dans nos expériences. Nous ne sommes pas chefs, donc l’avantage, c’est que tu n’ouvres pas le resto qui correspond à ton parcours culinaire, tes influences, ce que tu sais faire en termes de recette. Nous, comme on savait qu’on n’allait pas forcément cuisiner, on pouvait partir vraiment d’une page blanche et faire quelque chose de totalement nouveau.


Delhi Bazaar, le nouveau restaurant indien du 11e arrondissement parisien
Crédits : @delhi.bazaar.paris (Instagram)

Et c’est tout de suite qu’est venue l’idée de la cuisine indienne ?


Bastien : On s’est sorti plusieurs idées. Et, je lui ai parlé du gros potentiel de la cuisine indienne, qui est mal représentée en France. Alexis, ça lui a tout de suite fait tilt car il habitait à Singapour dans le quartier indien. On a abandonné les autres idées et on a parlé d’Inde pendant tout le reste du dîner. On a décidé de se lancer sur ça, en se disant que si on se lançait, c’était pour faire quelque chose de nouveau.





Et de cette idée, de ce constat, vous vous êtes lancés à 200% tout de suite ?


Bastien : Non, on a eu une période transitoire. Pendant 3-4 mois, on voulait s’assurer qu’on voulait bien faire ça. Donc on était toujours en poste, on se faisait beaucoup de déjeuners et dîners pour tester les restos indiens de Paris. Et on est allés deux fois à Londres, pour tester des restos, de la cantine populaire jusqu’aux restos étoilés. Avec un peu toutes les gammes de prix. On a vu qu’il y avait une telle diversité de plats, et qu’en plus de cela, c’était bien meilleur. On s’est dit que si on ramenait ça à Paris, on allait vraiment créer quelque chose de nouveau.


Vous avez eu un cheminement bien précis et assez long, une envie de vous lancer, un concept novateur. Pourquoi avoir fait appel à Service Compris ?


Alexis : À la base, on n’est pas de la restauration. Travailler dans un nouvel environnement, c’est quelque chose qui peut faire un peu peur au début. Alors on s’est dit qu’on pouvait vite faire des erreurs qui nous coûteraient très cher. On avait entendu des histoires de gars qui avaient fait des travaux, qui n'avaient pas vu certaines choses et qui, au final, avaient pris quatre mois de travaux dans les dents. Ça nous faisait vraiment peur, beaucoup plus que la partie “monter un business plan”, parce que ça, c’était quand même la spécialité de Bastien. Monter le concept, pareil, on l’avait déjà bien fait tous les deux.


L’expertise Service Compris que vous recherchiez était vraiment celle de l’aspect opérationnel de l’ouverture d’un restaurant alors ?


Bastien : Ce qui nous faisait vraiment peur, c’était côté dépenses. On allait engager beaucoup d’argent, prendre des prêts importants, avec des cautions personnelles. On n’avait pas envie d’être dans la situation où tu prends beaucoup de risques et tu fais une erreur sur un truc bête comme le local, l’emplacement, erreurs que tu ne ferais peut-être pas si tu as déjà ouvert un restaurant.


Et vous avez eu tout de même de grosses difficultés ? Et est-ce que Service Compris vous a permis de les affronter ?


Bastien : J’en verrais trois. Je pense déjà au choix du local. C’est dur pour tout le monde, on le sait, mais c’était vraiment dur et c’est aussi ce pourquoi on a fait le programme avec Service Compris. Le deuxième, je dirais le financement, et le troisième le concept déco. On a vite su ce qu’on voulait faire et pas faire, mais quand on a dû mettre des détails, des éléments, ça a été dur.


Alexis : Faire un concept cohérent dans l’identité de la marque, le graphisme, etc… Sur le papier, on avait l’idée globale. Mais faire le lien avec des objets, avec des choses tangibles, avec ce qui va faire que ça marche, c’était dur.


Bastien : Et dernier sujet, que je rajouterais, c’est le côté aussi “Savoir combien on va devoir financer”. C’est assez dur quand tu ne viens pas de ce milieu-là de savoir combien va nous coûter un avocat, un local, un agent immobilier, le stock à l’ouverture. Il y a beaucoup de lignes qui sont floues, et comme ce sont des projets qui se comptent en centaines de milliers d’euros, si tu trompes sur une ligne, tu te trompes de 30 000 euros.


Alexis : Pour ça, Service Compris ont été très bons, notamment notre mentor Ludovic (Dardenay - Co-fondateur de Service Compris), qui est un vrai radin malin. Il nous a bien aidés à challenger les devis des architectes qui nous avaient fait au début une liste au Père Noël. Il nous a aidés à redescendre sur terre. Il nous a forcés à aller vers d’autres entreprises, pour faire baisser les prix. Il nous a aussi beaucoup aidés sur la recherche du local.


Alexis : Ludo, avec ses contacts, avait trouvé un gars qui travaillait dans ce resto là pour lui demander pourquoi est-ce que ce local était en vente depuis si longtemps. Donc il nous a aiguillés sur un problème d’extraction qui devait être réglé. En fouillant, on s’est rendu compte qu’on allait se lancer dans un projet avec un local qu’on n’aurait pas pu ouvrir car pas d’extraction. On a donc évité, je pense, de grosses galères.


Bastien : On n’aurait jamais été ouvert là en gros.


Mais là, vous avez ouvert il y a un mois, dans ce local au Métro Saint Maur ! Comment ça se passe ?


Devanture de Delhi Bazaar, rue Servan 75011 Paris
Devanture de Delhi Bazaar, rue Servan 75011 Paris

Bastien : Que des bonnes surprises. Depuis qu’on est ouvert, ça a marché directement. On a été plein les deux premières semaines alors qu’on n’avait pas commencé à communiquer juste avec les gens du quartier. Ce qui nous fait le plus plaisir, c’est que les gens reviennent, on a des clients qui sont déjà revenus 4 - 5 fois. On a aussi une clientèle indienne, qui ramène du monde !


Alexis : J’ai un gros coup de cœur sur notre équipe aussi. Monter l’équipe ne s’est pas tant fait dans la douleur que ça. On nous avait dit que c’était une galère de recruter, mais je pense qu’on a eu un peu de chance aussi : on n’a pas eu d’erreur de casting. Tout le monde est top !


Bastien : On n’a pas eu de mal à recruter parce qu’Eqbal avait son réseau. En salle, on a eu beaucoup de recommandations par des gens du quartier. Les gens se projettent dans ce projet ce qui fait qu’ils sont assez motivés.


Que du positif alors ! On a le souvenir d’être venu à l’ouverture, il y avait encore des travaux à faire. C’était prévu ?


Bastien : Ça, c’était un peu galère, car on devait camoufler la misère au sous-sol et le soir, on ouvrait, on faisait des services. On redémarrait les travaux le lendemain, donc ce qui a fait que les premières mises en place étaient un peu chaotiques et éprouvantes les premiers jours. Ça a été un peu dur.


"Je savais que ça allait nous plaire, mais voir les vrais matériaux, les lumières, ça donne une âme à ce lieu." - Alexis, co-fondateur de Delhi Bazaar

On a eu trois vagues : pas mal de potes les premiers jours. Entre nos potes, et la presse et les gens qui sont venus via Instagram, on a eu beaucoup de gens du quartier. Je pense que le fait de reprendre un lieu qui était vraiment vieillot, qui était une vieille brasserie qui n’avait pas bougé depuis longtemps, et de totalement le transformer, les gens ont été assez curieux.


Alexis : J’ai un autre truc, perso. Le fait de voir le restaurant, passer de la modélisation 3D à une réalité, pour moi ça a été une bonne surprise ! Je savais que ça allait nous plaire, mais voir les vrais matériaux, les lumières, ça donne une âme à ce lieu. Je trouve qu’il y a eu une âme dans ce lieu, dès les premières semaines. C’était difficile à prévoir, ça me faisait peur de faire une coque vide, trop instagrammable et un peu froide.


Bastien, co-fondateur de Delhi Bazaar est revenu partager son expérience en 2023, lors de la 10e saison de l'Accélération Paris.


Des conseils à donner à de futurs reconvertis dans la restauration ?


Bastien : Alors rencontrez plein d’entrepreneurs. C’est quelque chose qui nous a énormément aidés. Par exemple, on voulait faire 50 couverts, parce qu’on se disait que c’était déjà beaucoup, déjà très ambitieux. Et beaucoup de gens, nous ont dit qu’un 80 couverts minimum allait être important par rapport à ce que nous voulions faire. Nous voulons ouvrir d'autres restaurants, donc un 80 couverts est le minimum pour nous permettre de générer un chiffre d’affaires suffisant pour pouvoir mettre quelqu’un qui va gérer le resto à notre place. Et ça je pense que c’est le meilleur conseil qu’on nous a donné.


C’est bien d’avoir différents points de vue. On a essayé d’avoir plein d’avis différents.


La moralité de tout ça c’est que c’est bien d’ouvrir un resto, mais je pense qu’il faut savoir déjà quelle est l’étape d’après. Ouvrir un resto, c’est un énorme investissement, et parfois on a l’impression qu’il y a des gens qui ont ouvert un resto sans trop se poser la question de l’étape d’après et qui se retrouvent un peu coincés.


Alexis : J’ai aussi un conseil par rapport à l’accompagnement des architectes. On a entendu beaucoup de gens qui ont galéré avec leurs architectes, qui se sont retrouvés sans architectes. On est passé par un cabinet d’architecte qui a vraiment géré et qui nous a laissés le temps à côté pour gérer d’autres sujet au jour le jour. Surtout, ne pas radiner sur un architecte parce que ça peut vraiment faire capoter un projet.


Bastien : Je pense que c’est important de douter. On a souvent remis le concept à plat. On est souvent reparti de zéro. Parce que c’est vrai que quand on a un concept, on a souvent tendance à aller au plus précis, à s’enfoncer dans une idée et c’est bien un moment de se remettre en question.


Vous dites avoir pensé dès le début à l'après. Alors, déjà des plans en tête que vous pouvez nous partager ?


Alexis et Bastien : Oui oui, on a déjà des idées. Ce ne seront pas des Delhi Bazaar, mais ce sera toujours indien.


Delhi Bazaar

📍 71 Rue Servan, 75011 Paris - Ouvert 7j/7 Instagram



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